Lire une étiquette de vin : décoder chaque mention sans se faire piéger

Gros plan sur l'étiquette d'une bouteille de vin de Bordeaux avec mention AOC

Devant un linéaire de cave, l’œil hésite. Les noms défilent, les médailles brillent, les mots « château » et « cuvée » se ressemblent tous. Pourtant chaque étiquette suit des règles précises, fixées par la DGCCRF et l’Union européenne. Une fois qu’on sait où regarder, on lit une bouteille comme un dossier d’identité : neuf mentions sont obligatoires, le reste relève soit du règlement strict, soit du pur marketing.

Ce guide démonte chaque ligne d’une étiquette française, explique les pièges courants, et donne des repères concrets pour reconnaître un vin sérieux d’un emballage flatteur. Vous y trouverez aussi quelques clés pour déchiffrer les bouteilles italiennes, espagnoles ou américaines, parce que le rayon import s’allonge dans toutes les enseignes.

L’étiquette, carte d’identité du vin (pas du vigneron)

Une étiquette n’est pas un argument publicitaire encadré par la loi. C’est un document réglementé, conçu pour informer le consommateur sur le contenu de la bouteille. Le vigneron y joue avec quelques mentions facultatives, mais la majorité du texte répond à un cahier des charges européen, repris dans le règlement OCM (Organisation Commune des Marchés) et contrôlé par la DGCCRF.

Première chose à comprendre : il y à deux étiquettes sur la plupart des bouteilles. L’étiquette de devant porte le nom, l’appellation, parfois le millésime. L’étiquette du dos, qu’on appelle aussi contre-étiquette, regroupe les mentions techniques (volume, degré, embouteilleur, lot, allergènes) et de plus en plus souvent un QR code qui renvoie vers la liste des ingrédients et la valeur nutritionnelle.

Depuis le millésime 2024, ces deux dernières informations sont obligatoires. C’est la grosse nouveauté de l’étiquetage du vin : avant, on n’avait droit qu’à « contient des sulfites ». Désormais, le consommateur peut vérifier les additifs et les calories, comme sur un yaourt ou une bière.

Les neuf mentions obligatoires sur toute étiquette de vin

Toute bouteille vendue en France ou dans l’Union européenne porte neuf mentions obligatoires. Onze si le vin est désalcoolisé, dix pour les mousseux. Le tableau ci-dessous résume ce que vous devez retrouver, où, et pourquoi.

Onze si le vin est désalcoolisé, dix pour les mousseux. Pour en savoir plus sur les spécificités du vin désalcoolisé, consultez notre guide complet.

MentionForme attendueExemple
Dénomination de venteCatégorie ou nom d’AOP/IGP« Bordeaux », « Vin de France », « Vin pétillant »
Titre alcoométrique (TAVA)Degré ou demi-degré + % vol.« 12,5 % vol. »
ProvenancePays ou zone« Produit de France », « Vin de l’Union européenne »
Volume nominalVolume normalisé750 ml, 375 ml, 1500 ml
EmbouteilleurNom + commune + État membre« Mis en bouteille par EMB 33000 Bordeaux »
Numéro de lotPréfixe « L » + chiffres ou lettres« L24A102 »
Allergènes« Contient sulfites » ou équivalent« Contains sulphites » accepté
Liste des ingrédientsOrdre décroissant, additifs inclusSur étiquette ou via QR code
Déclaration nutritionnelleÉnergie + nutriments pour 100 ml« E pour 100 ml : 343 kJ / 82 kcal »

À cela s’ajoute le pictogramme « femme enceinte barrée » ou la phrase sanitaire correspondante. Cette dernière indication ne fait pas partie des neuf mentions techniques, mais elle reste obligatoire en France pour toute boisson dépassant 1,2 % vol. d’alcool.

Le degré exact n’est jamais imprimé tel quel. La réglementation autorise l’arrondi au demi-degré : un vin titré à 11,8 % vol. en analyse peut afficher 11,5 ou 12. Une marge de 0,5 % vol. est tolérée par rapport à l’analyse réelle, et même 0,8 % vol. pour certains vins de garde.

Décoder l'appellation : AOP, AOC, IGP et Vin de France

Décoder l’appellation : AOP, AOC, IGP et Vin de France

C’est la mention qui pèse le plus lourd dans le prix d’une bouteille. La France classe ses vins en deux familles, elles-mêmes subdivisées.

Vins sans indication géographique (VSIG). Anciennement appelés « vins de table », ils portent aujourd’hui le nom commercial « Vin de France ». Le cépage et le millésime peuvent figurer sur l’étiquette, ce qui n’était pas autorisé avant 2009. C’est dans cette catégorie qu’on trouve les vins d’assemblage de plusieurs régions, et les cuvées des négociants industriels.

Vins avec indication géographique (IG). Ils suivent un cahier des charges déposé auprès de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité). On y distingue :

  • AOP (Appellation d’Origine Protégée) ou AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). Les deux termes sont équivalents. AOP est l’étiquette européenne, AOC le label historique français. La typicité du vin doit être liée au terroir et au savoir-faire local. Cahier des charges très strict : cépages autorisés, rendement plafonné, méthodes de vinification encadrées.
  • IGP (Indication Géographique Protégée). Le lien au territoire reste obligatoire mais les contraintes sont allégées. Plus de liberté sur les cépages, sur l’élevage, sur la vinification.
CatégorieNiveau de contrainteExemples
Vin de France (VSIG)FaibleVins d’assemblage, marques de négociants
IGPMoyenPays d’Oc, Côtes de Gascogne, Méditerranée
AOP / AOCÉlevéBordeaux, Bourgogne, Châteauneuf-du-Pape, Sancerre

Petit piège classique : un vigneron peut très bien produire à la fois une AOP et un IGP sur les mêmes parcelles. Il déclasse parfois ses raisins pour proposer un IGP plus accessible, ou bien parce qu’il a utilisé un cépage non autorisé par l’appellation. Ce n’est pas forcément un mauvais vin. C’est juste un vin qui ne rentre pas dans les cases du cahier des charges local.

Pour mieux comprendre l’importance du terroir viticole dans les AOP, consultez notre guide détaillé.

Un mot sur les hiérarchies internes aux AOP. En Bourgogne, l’étiquette empile les niveaux : régionale (« Bourgogne »), village (« Volnay »), Premier Cru (« Volnay 1er Cru Les Caillerets »), Grand Cru (« Corton »). Plus on monte, plus la parcelle est précise et le rendement faible. À Bordeaux, la logique est différente : on regarde d’abord le château, puis son classement éventuel (Grand Cru Classé en 1855 pour le Médoc, Grand Cru Classé de Saint-Émilion révisé tous les dix ans).

Millésime, cépage et assemblage : ce que ces lignes révèlent vraiment

Le millésime correspond à l’année de récolte des raisins. La règle européenne autorise une étiquette « 2022 » dès lors qu’au moins 85 % du vin provient effectivement de cette récolte. Les 15 % restants peuvent venir d’une autre année, généralement pour ajuster l’équilibre du vin.

Toutes les années ne se valent pas. Une carte des millésimes vous dira que 2010 et 2018 ont donné de très grands vins à Bordeaux, que 2003 a souffert de la canicule, que 2021 a été marquée par le gel. Pour un vin de garde, le millésime conditionne la durée de conservation et le potentiel d’évolution.

Le cépage suit la même règle des 85 %. Si l’étiquette annonce « 100 % Merlot », tout le vin provient de ce cépage. Si elle indique « Merlot – Cabernet Sauvignon », chacun des deux doit représenter au moins 15 % de l’assemblage et le total doit faire 100 %. Pour les vins AOP, le règlement français impose ces seuils en plus du minimum européen.

Quelques cépages typiques à reconnaître :

  • Bordeaux rouge : Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Petit Verdot
  • Bourgogne rouge : Pinot Noir (uniquement, pour les AOP villages)
  • Bourgogne blanc : Chardonnay, Aligoté
  • Vallée du Rhône : Syrah, Grenache, Mourvèdre, Viognier
  • Loire blanc : Sauvignon Blanc, Chenin
  • Languedoc rouge : Carignan, Grenache, Syrah, Cinsault

Sur une étiquette d’AOP française classique, le cépage n’apparaît jamais. À Saint-Émilion, vous ne lirez pas « Merlot » : le règlement de l’appellation l’interdit. C’est la règle du « lieu plus important que la variété ». À l’inverse, sur un IGP Pays d’Oc ou un Vin de France, le cépage est mis en avant comme argument de vente, parce que le consommateur l’identifie plus vite qu’une obscure dénomination géographique.

L’embouteilleur : domaine, château ou négociant ?

Voilà la mention que personne ne lit, et c’est dommage. Elle dit qui a réellement mis le vin en bouteille, donc qui en répond. Trois cas de figure existent.

« Mis en bouteille au château » ou « mis en bouteille au domaine ». La vinification et la mise en bouteille ont eu lieu sur la propriété, à partir de raisins récoltés sur les vignes du domaine. C’est le gage le plus solide : le producteur signe son vin de bout en bout. Réservée aux AOP et IGP.

« Mis en bouteille à la propriété ». Légèrement plus large : la mise en bouteille peut avoir lieu chez un groupement de producteurs, comme une cave coopérative, à condition que les raisins viennent bien des adhérents. Très courant en Languedoc, dans le Beaujolais ou en Champagne pour les coopératives.

« Mis en bouteille par EMB XX XXX » ou « Mis en bouteille par X ». Un négociant ou un embouteilleur a acheté le vin (en vrac ou en cuves) et l’a embouteillé en dehors de la zone de production. C’est légal, mais ça change tout : le vigneron qui a fait pousser le raisin n’est plus le seul maître à bord. Sur les vins de marques de grandes surfaces, c’est presque toujours ce cas-là.

Le code « EMB » suivi de cinq chiffres correspond au numéro INSEE de la commune où s’est faite la mise en bouteille. Avec une recherche rapide sur internet, on retrouve la ville et le département, ce qui permet de vérifier la cohérence avec la prétendue origine du vin.

À Bordeaux, les mots « château », « clos » et « cru » sont protégés. Ils ne peuvent figurer que sur des vins AOP, et seulement si la propriété existe vraiment. Pas de « Château de la Bonneterie » sur un Vin de France industriel, sauf à frauder. En revanche, un nom évocateur comme « Domaine de l’Aube » ou « Mas de la Source » n’est encadré par aucun règlement : il peut être pure création marketing.

Sulfites, allergènes et nouveau QR code (millésime 2024)

C’est la zone la plus discrète de l’étiquette, et celle qui à le plus changé récemment. Trois informations cohabitent sur la quasi-totalité des bouteilles françaises.

Les sulfites (anhydride sulfureux, SO2) sont des conservateurs antioxydants utilisés depuis l’Antiquité. Au-delà de 10 mg par litre, leur présence doit être signalée. Comme tous les vins du commerce dépassent ce seuil, vous trouverez systématiquement la mention « contient sulfites » ou « contains sulphites » (la version anglaise est admise en France). Quelques rares cuvées de vin nature affichent « sans sulfites ajoutés », ce qui ne signifie pas zéro, mais juste que le vigneron n’en a pas rajouté pendant la vinification.

Les autres allergènes réglementés concernent l’œuf et le lait. Le blanc d’œuf ou la caséine de lait servent au collage du vin (clarification), et leurs traces doivent figurer sur l’étiquette : « contient produits de l’œuf » ou « contient produit du lait ». Très rare sur les vins bio, plus courant sur les vins industriels.

La grande nouveauté du millésime 2024, c’est l’obligation d’afficher la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle. La règle européenne autorise deux options :

  1. Tout imprimer sur l’étiquette papier, ce qui prend beaucoup de place
  2. Renvoyer vers un QR code dématérialisé, en gardant sur l’étiquette papier les seuls allergènes et la valeur énergétique

La plupart des grands domaines ont choisi le QR code, accompagné d’une formule type « ingrédients / nutrition ». Vous y trouverez le détail : raisin, moûts concentrés rectifiés, levures, sulfites, gomme arabique, acide tartrique, et la valeur calorique pour 100 ml (autour de 80 kcal pour un vin sec à 12 % vol., proche de 100 kcal pour un moelleux).

Cette obligation a fait grincer beaucoup de vignerons. Un vin sans intervention chimique affichera trois lignes (raisin, sulfites, parfois levures indigènes). Un vin industriel peut atteindre dix à quinze additifs. La transparence joue clairement en faveur des producteurs au cahier des charges sobre.

Mentions facultatives : séparer le marketing du qualitatif

Sur l’étiquette d’une AOP, vous trouvez souvent quatre à six lignes en plus des mentions obligatoires. Certaines sont réglementées, d’autres relèvent de la pure communication.

Réglementées (donc fiables) :

  • « Élevé en fût » ou « vieilli en fût ». Le vin a passé au moins 6 mois en récipient en bois pour 50 % de son volume au minimum. La réglementation l’autorise uniquement pour les AOP et IGP, et interdit l’usage de copeaux de chêne dans ce cas.
  • « Vendanges manuelles ». Récolte non mécanisée. Coût plus élevé pour le producteur, raisins en général mieux triés.
  • « Mention de l’unité géographique plus petite ». Sur un Volnay, l’étiquette peut préciser le lieu-dit, comme « Les Caillerets » ou « En Champans ».
  • Médailles et distinctions. Autorisées uniquement si le concours figure sur la liste officielle du ministère de la consommation. Concours Général Agricole, Concours de Macon, Decanter World Wine Awards comptent parmi les références fiables. Une médaille d’un concours obscur du fond d’un département ne vaut presque rien.

Non réglementées (donc marketing) :

  • « Cuvée prestige », « cuvée tradition », « cuvée vieilles vignes ». Aucune définition légale. Un vigneron peut nommer ainsi sa meilleure sélection… ou son entrée de gamme. À examiner au cas par cas.
  • « Vieilles vignes ». Pas d’âge minimum imposé. Certains domaines fixent leur seuil interne à 40 ou 50 ans, d’autres l’utilisent pour des vignes de 15 ans à peine.
  • « Réserve », « grande réserve », « sélection ». Vide juridiquement en France pour les vins tranquilles. Au contraire, en Italie, en Espagne ou au Portugal, ces termes sont strictement encadrés (durée d’élevage minimum, par exemple).

Un vigneron honnête utilisera « cuvée » pour distinguer ses lots dans le respect du buveur. Un communicant maladroit l’emploiera pour gonfler l’image d’un vin standard. Pas de règle absolue : on regarde l’ensemble de la bouteille, le prix demandé et la cohérence avec l’appellation.

Repérer un vin bio, biodynamique ou nature sur l’étiquette

Trois familles cohabitent et chacune a ses codes visuels. Un coup d’œil suffit en général à les identifier.

Vin biologique. Logo « Eurofeuille » vert avec des étoiles blanches en feuille stylisée, accompagné du logo AB français (carré vert) sur la majorité des bouteilles. Depuis 2012, la mention « vin biologique » suppose que les raisins viennent de l’agriculture biologique ET que la vinification respecte un cahier des charges spécifique : teneur maximale en sulfites abaissée de 30 à 50 mg par litre selon le type de vin, certains additifs interdits, processus thermiques limités. Représente plus de 10 % de la production française aujourd’hui.

Vin biodynamique. Logos Demeter (le plus connu, originaire d’Allemagne) ou Biodyvin (français). La biodynamie ajoute aux contraintes du bio des pratiques inspirées de Rudolf Steiner : préparations à base de plantes, calendrier lunaire, soin holistique des sols. Cahier des charges encore plus strict sur les sulfites et les intrants. Cohabite toujours avec la certification bio.

Vin nature ou « vin méthode nature ». Pas de label officiel européen, mais une charte créée en 2019 par un syndicat de vignerons. Mention « Vin Méthode Nature » avec un logo en forme de bouteille stylisée. Pas de sulfites ajoutés (ou très peu, jusqu’à 30 mg/l), levures indigènes, pas de filtration ni collage, raisins issus du bio. Prudent à l’achat : la conservation est plus capricieuse, le vin doit voyager au frais.

À noter : un vin certifié « HVE » (Haute Valeur Environnementale) n’est pas bio. C’est un label public français qui valorise les pratiques respectueuses de l’environnement (biodiversité, gestion de l’eau, fertilisation), mais qui autorise l’usage limité de produits de synthèse. Logo bleu en forme de papillon. Bonne intention, niveau d’exigence inférieur au bio.

Étiquettes étrangères : décoder les vins italiens, espagnols, américains

Le rayon import s’élargit dans toutes les enseignes, et les codes ne sont pas les mêmes. Voici les repères principaux.

Italie. Quatre niveaux d’appellation, hérités d’une réforme de 1992 :

  • DOCG (Denominazione di Origine Controllata e Garantita). Le sommet. Barolo, Brunello di Montalcino, Chianti Classico, Amarone della Valpolicella. Bandelette numérotée sur la capsule.
  • DOC (Denominazione di Origine Controllata). Niveau équivalent à l’AOC français.
  • IGT (Indicazione Geografica Tipica). Équivalent IGP. Englobe les fameux « Super Toscans », techniquement déclassés mais souvent magnifiques.
  • Vino. Sans origine protégée, équivalent du Vin de France.

Les mentions « Riserva » ou « Superiore » correspondent à des durées de vieillissement minimum strictement encadrées (par exemple, 5 ans dont 2 en fût pour un Barolo Riserva).

Espagne. Logique proche, avec des subtilités :

  • DOCa ou DOQ (Denominación de Origen Calificada). Sommet de la pyramide. Rioja, Priorat.
  • DO (Denominación de Origen). Équivalent AOC. Ribera del Duero, Rías Baixas, Toro.
  • Vino de Pago. Statut récent réservé à des domaines uniques.
  • Vino de la Tierra. Équivalent IGP.
  • Vino. Sans origine.

Les mentions de garde Crianza, Reserva, Gran Reserva fixent des durées d’élevage en barrique et bouteille. Un Rioja Gran Reserva a passé au moins 5 ans avant commercialisation, dont 2 en fût.

États-Unis. Système plus souple :

  • AVA (American Viticultural Area). Zone géographique reconnue. Napa Valley, Sonoma County, Willamette Valley en Oregon.
  • 75 % minimum des raisins doivent venir de l’AVA pour pouvoir l’inscrire (85 % en Oregon, plus strict).
  • Cépage : 75 % minimum (90 % en Oregon).
  • Mention « Estate Bottled ». Équivalent du « mis en bouteille au domaine » français : raisins du domaine, vinification sur place, AVA cohérente.

Pour les autres pays producteurs (Allemagne, Portugal, Argentine, Chili, Afrique du Sud, Australie), chaque législation a ses codes, mais le principe est toujours le même : un sigle d’origine, un encadrement de cépage et de millésime, des mentions de garde réglementées.

Astuces concrètes pour choisir un bon vin grâce à son étiquette

Toutes ces règles servent à un seul objectif : faire un choix éclairé en magasin ou en restaurant. Quelques réflexes utiles, à appliquer en quelques secondes devant le rayon.

  1. Vérifier l’embouteilleur. « Mis en bouteille au château / domaine / propriété » sur une AOP, c’est un bon signe. Une mention « EMB XXXXX » avec un code postal éloigné de la zone d’appellation doit faire réfléchir.
  2. Regarder la cohérence du prix. Un Bordeaux à 3,50 euros, c’est mathématiquement impossible à produire correctement (coût du raisin et de la mise en bouteille minimum). Un Châteauneuf-du-Pape à 8 euros mérite une enquête. Les prix planchers honnêtes pour une AOP française de qualité moyenne tournent autour de 8 à 12 euros en cave.
  3. Croiser le millésime. Si vous voyez un vin de 2017 ou 2018 d’une AOP de garde encore en rayon en 2026, ce n’est ni anormal ni inquiétant. À l’inverse, un Beaujolais Villages 2020 commence à perdre sa fraîcheur : ces vins ne sont pas faits pour vieillir.
  4. Noter le degré d’alcool. Un rouge à 15,5 % vol., c’est un vin chaleureux, sudiste, riche. Un blanc à 11,5 % vol., c’est plutôt vif, droit, salin. Le degré dit beaucoup du style avant la dégustation.
  5. Examiner les médailles. Une médaille au Concours Général Agricole, ça compte. Une médaille d’un concours dont vous n’avez jamais entendu parler, c’est de la décoration. Vérifier en deux clics si le concours est inscrit sur la liste officielle du ministère.
  6. Croiser avec un guide. La Revue du Vin de France, le guide Hachette des Vins, Bettane et Desseauve donnent des notes et des avis structurés. Pour un vin courant, dix secondes sur leur site web suffisent à confirmer ou infirmer une intuition.
  7. Lire la contre-étiquette. C’est là que le vigneron parle de lui : durée d’élevage, parcelles, suggestions d’accord, température de service. Plus la contre-étiquette est précise, plus le producteur sait ce qu’il fait.

Un dernier réflexe, et pas des moindres : si vous achetez un vin nature ou un vin pétillant peu sulfité, vérifiez son temps de transport. Une bouteille restée trois jours dans une voiture en plein été aura mal vieilli. Préférez l’achat en cave climatisée ou en livraison express.

FAQ – Lire une étiquette de vin

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Combien de mentions obligatoires sur une étiquette de vin ?

Neuf mentions obligatoires figurent sur l’étiquette de tout vin commercialisé dans l’Union européenne : la dénomination de vente, le titre alcoométrique (TAVA), la provenance, le volume nominal, le nom de l’embouteilleur, le numéro de lot, les allergènes, la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle. Les vins mousseux ajoutent une dixième mention sur la teneur en sucre. Les vins désalcoolisés en comptent onze.

Quelle différence entre AOP et AOC sur une étiquette ?

Aucune différence sur le plan du cahier des charges. AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) est le terme historique français créé en 1935. AOP (Appellation d’Origine Protégée) est le terme européen équivalent, en vigueur depuis 2009. Les deux peuvent figurer sur l’étiquette d’un même vin, le producteur choisit. Pour le consommateur, le niveau de garantie est strictement identique : terroir reconnu, cépages encadrés, méthodes de vinification contrôlées par l’INAO.

Que veut dire « mis en bouteille au château » ?

Cette mention signifie que la vinification ET la mise en bouteille ont eu lieu sur la propriété qui a produit les raisins, dans le périmètre de l’AOP ou IGP concernée. Les mots « château », « clos » et « cru » sont réservés aux vins en appellation d’origine. C’est l’indication la plus solide pour identifier un vin de domaine, par opposition à un vin de négoce embouteillé hors du lieu de production.

Pourquoi voit-on « contient sulfites » sur presque toutes les bouteilles ?

Les sulfites (anhydride sulfureux, SO2) sont présents naturellement dans tout vin et ajoutés en faible quantité comme conservateurs antioxydants. La réglementation oblige à mentionner leur présence dès qu’elle dépasse 10 mg par litre, seuil franchi par la quasi-totalité des vins commerciaux. Les vins « sans sulfites ajoutés » en contiennent toujours un peu (les levures en produisent pendant la fermentation), mais le vigneron n’en a pas rajouté.

Comment savoir si un millésime est bon ?

Le millésime indique l’année de récolte. Sa qualité dépend de la météo de la région concernée : ensoleillement, pluviométrie, gelées, chaleur excessive. Des cartes des millésimes sont publiées chaque année par les revues spécialisées (La Revue du Vin de France, le guide Hachette) et les interprofessions. Pour un vin de garde, un grand millésime se conserve plus longtemps. Pour un vin léger consommé jeune, le millésime importe moins.

Le QR code sur l’étiquette est-il obligatoire depuis 2024 ?

Le QR code n’est pas obligatoire en lui-même, mais la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle le sont depuis le millésime 2024. Le producteur peut choisir d’imprimer ces informations sur l’étiquette papier (très long, peu pratique) ou de les dématérialiser via un QR code, accompagné d’une mention type « ingrédients / nutrition ». Dans ce cas, les allergènes (« contient sulfites ») et la valeur énergétique restent imprimés sur l’étiquette physique.

Cuvée prestige, vieilles vignes : ces termes ont-ils une définition légale ?

Non. En France, les mentions « cuvée prestige », « cuvée tradition », « cuvée vieilles vignes », « réserve » ou « grande réserve » ne sont pas encadrées par la loi pour les vins tranquilles. Chaque vigneron les utilise comme il l’entend, parfois pour distinguer une vraie sélection qualitative, parfois pour habiller une bouteille standard. À l’inverse, en Italie ou en Espagne, les mentions « Riserva », « Crianza » ou « Gran Reserva » sont strictement définies par des durées d’élevage minimum.

Que cache l’étiquette d’un vin biologique ?

Un vin certifié bio porte le logo Eurofeuille (vert avec étoiles blanches en forme de feuille) et souvent le logo AB français. Les raisins viennent de l’agriculture biologique (sans pesticides ni engrais de synthèse), et la vinification suit un cahier des charges spécifique : teneur maximale en sulfites abaissée, certains additifs interdits, processus thermiques limités. La certification biodynamique (Demeter, Biodyvin) ajoute encore des contraintes. Le label HVE, lui, n’équivaut pas au bio.

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